En vigueur le 9 décembre 2026

Ce qui change pour les pharmaciens.

Un résumé des activités élargies par le projet de loi 67 et son règlement, avec les limites à retenir. Pour les démarches détaillées, consultez les guides d’exercice de l’Ordre, qui font autorité.

Le champ d’exercice est actualisé. Le pharmacien évalue l’état de santé, prévient et traite les maladies par l’usage et la gestion appropriés des médicaments. Ainsi, l’évaluation de la condition physique ou mentale et la prescription de tests peuvent aussi avoir un but thérapeutique ou préventif. Le nouveau Règlement sur l’exercice de certaines activités professionnelles visées à l’article 17 de la Loi sur la pharmacie s’applique dès le 9 décembre 2026. Sources : OPQ, Résumé des nouveautés · MSSS, annonce du 20 août 2026 · Gazette officielle du Québec, 2 septembre 2026 (décrets 1340-2026 et 1341-2026), p. 5398-5404
01

Prescrire pour un problème de santé courant

Ce que ça permet

  • Prescrire sans diagnostic préalable, si le problème est fréquent, présente des signes ou symptômes typiques et faciles à évaluer, et évolue favorablement avec un suivi et un traitement limités dans le temps.
  • Le patient doit présenter un faible risque de détérioration à court terme, et le problème, un faible risque de préjudice.
  • Le guide donne des exemples non exhaustifs, comme l’herpès zoster, la vaginite à levure ou l’infection urinaire non compliquée.

Les limites à retenir

  • La réglementation ne prévoit pas de liste de problèmes de santé courants : chaque situation s’évalue.
  • Tous les critères doivent être réunis. Sinon, orientez le patient vers un professionnel habilité.
  • Vérifiez aussi vos compétences et ce que votre milieu permet (ressources, accès à d’autres services).
  • Aucune substance désignée (stupéfiant, drogue contrôlée, substance ciblée).

Sources : OPQ, Résumé des nouveautés, p. 2 · OPQ, Guide d’exercice : les activités professionnelles, p. 16

02

Prescrire pour une maladie chronique diagnostiquée

Ce que ça permet

  • Prescrire une thérapie médicamenteuse à un patient dont la maladie chronique a été diagnostiquée par un professionnel habilité (médecin, IPS).
  • Le guide cite notamment le diabète, l’hypertension, la dyslipidémie, l’asthme et certains problèmes de santé mentale, sans liste exhaustive.

Les limites à retenir

  • L’état de santé du patient doit présenter un faible risque de détérioration à court terme.
  • La réglementation ne prévoit pas de liste de maladies chroniques.
  • Aucune amorce de substance désignée : cette activité est réservée aux praticiens désignés par les lois et règlements fédéraux.

Sources : OPQ, Résumé des nouveautés, p. 2 · OPQ, Guide d’exercice : les activités professionnelles, p. 21

03

Prescrire pour prévenir

Ce que ça permet

  • Prescrire pour prévenir l’apparition de maladies, de conditions de santé comme une grossesse non désirée, ou de signes et symptômes comme la nausée.
  • Prescrire et administrer des vaccins à tout âge, sous réserve de la formation requise.

Les limites à retenir

  • La prévention se fait avant l’apparition de la maladie, chez des personnes ayant des facteurs de risque.
  • Aucune liste réglementaire de situations préventives.

Sources : OPQ, Résumé des nouveautés, p. 2 · OPQ, Guide d’exercice : les activités professionnelles, p. 22

04

Prescrire et interpréter des tests

Ce que ça permet

  • Prescrire des tests pour assurer la sécurité et l’efficacité des médicaments prescrits, dépister des maladies ou aider à évaluer la santé physique et mentale.
  • Le terme « test » couvre toute analyse de laboratoire ou mesure clinique nécessaire à cette surveillance.

Les limites à retenir

  • Le test doit être lié à votre champ d’exercice, à la nature de vos activités et à vos compétences.
  • Prévoyez qui interprète le résultat, qui en assure le suivi et comment il est consigné.

Sources : OPQ, Guide d’exercice : les activités professionnelles, p. 11

05

Prolonger une ordonnance

Ce que ça permet

  • Prolonger une ordonnance échue si vous jugez que le traitement ne devrait pas être interrompu. Il n’y a plus de contrainte législative générale sur la durée.
  • Prolonger l’ordonnance de tout professionnel habilité à prescrire au Canada, dans la mesure où il pourrait émettre la même ordonnance s’il exerçait au Québec.
  • La prolongation prend la forme d’une nouvelle ordonnance signée par le pharmacien.

Les limites à retenir

  • Une évaluation, un suivi et la consignation au dossier restent requis.
  • Recommandez au patient de prévoir un rendez-vous avec le professionnel responsable de son suivi clinique.
  • Substances désignées : prolongation possible, au maximum deux ans après la remise de l’ordonnance.

Sources : OPQ, Résumé des nouveautés, p. 2 · OPQ, Guide d’exercice : les activités professionnelles, p. 31

06

Ajuster ou cesser une thérapie

Ce que ça permet

  • Modifier la forme pharmaceutique, la posologie, la concentration, la dose, la voie d’administration, la durée ou la quantité prescrite.
  • Cesser un médicament lorsque la sécurité du patient ou l’efficacité de la thérapie le justifie.

Les limites à retenir

  • La décision s’appuie sur des données probantes et se prend avec le patient lorsque c’est possible.
  • Substances désignées : la forme, la dose ou la posologie peuvent être modifiées, sans excéder la quantité totale en milligrammes initialement prescrite.

Sources : OPQ, Guide d’exercice : les activités professionnelles, p. 29

07

Substituer un médicament

Ce que ça permet

  • Substituer malgré la mention « ne pas substituer » pour une même dénomination commune, si la situation le requiert et avec le consentement du patient.
  • Substitution thérapeutique : effet indésirable ou risque d’effet indésirable lorsque le prescripteur ne peut être joint en temps utile, rupture, problème d’administration, non-disponibilité en établissement.
  • Médicament non couvert par l’assureur public ou privé : remplacement possible par un médicament de la liste de la RAMQ.

Les limites à retenir

  • Dans tous les cas, avisez le patient et inscrivez la substitution au dossier.
  • Rupture : des démarches raisonnables pour obtenir le médicament doivent avoir été faites.
  • Retrait annoncé : au plus tôt trois mois avant la date prévue.
  • Dans le doute sur une mention « ne pas substituer », communiquez avec le prescripteur.

Sources : OPQ, Résumé des nouveautés, p. 3 · OPQ, Guide d’exercice : les activités professionnelles, p. 32

08

Administrer un médicament

Ce que ça permet

  • Administrer un médicament à des fins thérapeutiques lorsqu’il fait l’objet d’une ordonnance, par exemple une injection de vitamine B12 ou d’héparine.
  • Nouvelles voies autorisées : rectale, otique, ophtalmique et transdermique.
  • Il n’y a plus de limite d’âge, y compris pour les vaccins.

Les limites à retenir

  • Les formations requises doivent être réussies pour administrer des vaccins et pour les voies injectables.
  • Prévoyez le matériel, l’espace et la capacité de réagir à une situation urgente.

Sources : OPQ, Résumé des nouveautés, p. 3 · OPQ, Guide d’exercice : les activités professionnelles, p. 35

09

Effectuer un prélèvement au pharynx ou au nez

Ce que ça permet

  • Effectuer sans ordonnance un prélèvement au niveau du pharynx ou au-delà du vestibule nasal, par exemple pour un test rapide du streptocoque du groupe A ou de la maladie à coronavirus.
  • Selon votre évaluation, prescrire un traitement en cas de résultat positif.

Les limites à retenir

  • Ce sont les seules techniques invasives autorisées aux pharmaciens à des fins d’évaluation.
  • Vous pouvez toutefois prescrire un test nécessitant un autre prélèvement invasif s’il est lié à votre champ d’exercice et à vos compétences.

Sources : OPQ, Résumé des nouveautés, p. 1 · OPQ, Guide d’exercice : les activités professionnelles, p. 10

À VENIR

Pharmacothérapie avancée

Ce qui est prévu

  • Une attestation de formation délivrée par l’Ordre visera les détenteurs de la maîtrise en pharmacothérapie avancée.
  • Elle permettra de prescrire dans des situations plus larges, notamment pour traiter une maladie diagnostiquée par un professionnel habilité.

Les limites à retenir

  • Ces pouvoirs dépendent d’un règlement distinct : vérifiez son entrée en vigueur.
  • Ils ne s’appliquent pas à tous les pharmaciens, seulement aux titulaires de l’attestation.

Source : OPQ, Résumé des nouveautés, p. 3

EN COLLABORATION

Communication et pratique collaborative

Ce que ça change

  • La réglementation actuelle ne prévoit pas de communication obligatoire, mais l’Ordre demande de transmettre toute information pouvant influencer les décisions cliniques futures.
  • Pour ce qui dépasse l’autonomie du pharmacien, une demande de consultation ou une entente de pratique avancée en partenariat (EPAP) reste possible.

Les limites à retenir

  • Une demande de consultation vise un patient particulier et provient d’un professionnel habilité à prescrire. Le pharmacien y répond par écrit.
  • Une EPAP se signe entre médecins ou IPS et pharmaciens qui partagent les mêmes patients et dossiers.

Sources : OPQ, Résumé des nouveautés, p. 3 · OPQ, Guide d’exercice : les activités professionnelles, p. 24-25

Couverture et facturation, vérifié le 8 novembre 2026 : les services assurés à compter du 9 décembre 2026 sont fixés par le décret 1341-2026. Selon l’AQPP, la plupart seront assurés, mais certains services ou tests pourraient entraîner des frais, notamment pour le streptocoque, l’infection urinaire et la mesure ambulatoire de la pression artérielle. Une entente entre l’AQPP et le gouvernement a été entérinée pour 2025-2030; elle vise les honoraires du régime public. Assuré ne veut pas dire gratuit dans tous les cas. Nous ne publions aucun tarif : consultez l’AQPP et la RAMQ. Sources : Gazette officielle du Québec, 2 septembre 2026 (décrets 1340-2026 et 1341-2026), p. 5398-5404 · AQPP, adoption des règlements du PL 67 (20 août 2026) · AQPP, entente entérinée (19 juin 2026) · RAMQ, Manuel des pharmaciens

Loi 67 / 9 décembre 2026

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